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Le Vélodrome de Montréal

LE VÉLODROME – L’EXEMPLE À SUIVRE

Quel qualificatif utiliser pour décrire le Vélodrome ? Spectaculaire, audacieux, révolutionnaire, inédit ? Je les ai déjà employés pour le Stade et son Mât. Le Vélodrome englobe tous ces mots ! Je vais conclure « La perle rarissime » du Parc Olympique. Du point de vue technique, son Toit le démarque de toutes les réalisations de béton confondues, de quoi être stupéfait. Son architecture intérieure suscita immédiatement l’admiration de tous les cyclistes.

Vue intérieure durant les Jeux
Vue intérieure durant les Jeux
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Photo prise le 15 octobre 2009
Photo prise le 15 octobre 2009
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Au chapitre sur le Toit du Stade, j’écrivais « La solution était pourtant si simple et si économique -- Comme la Ville de Montréal a agi pour construire le Toit du Vélodrome --

Le Vélodrome représentait l’exemple à suivre. Retenons bien cette affirmation qui répond exactement à l’histoire de ce dossier. L’erreur qui l’a tué, qui nous a coûté $2 MILLIARDS de trop, qui n’a pas réglé le Toit du Stade, la voilà. Rien ne fut fait comme au Vélodrome.

Vue aérienne du Toit
Vue aérienne du Toit
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Après l’opération « Décintrement »
Après l’opération « Décintrement »
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Après l’opération « Décintrement »
Après l’opération « Décintrement »
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La complexité du Toit

Un voussoir en voie d’installation sur sa tour
Un voussoir en voie d’installation
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Avant de construire la partie traditionnelle du bâtiment -- gradins, piste et bureaux --, le Toit devait être entièrement terminé puisque chaque voussoir composant les arcs reposait sur sa propre tour d’échafaudage jusqu’à l’opération décintrement que j’explique plus loin.

« L’homme nouveau, en découvrant les secrets des matériaux légers et durables, a révolutionné l’art de bâtir. Pour la première fois en Amérique du Nord, une construction hardie sera ”montée” du haut vers le bas ». Revue « Rendez-vous76 » remise aux ouvriers en novembre 1974.

Revue « Rendez-vous76 » remise aux ouvriers en novembre 1974.

Son Toit.- Ce Vélodrome est couvert par une coupole constituée d’une véritable dentelle de béton, morceau de bravoure architecturale et technique qui fait preuve de virtuosité, d’audace, en bref -- un véritable exploit mondial --, une première mondiale, pour voir ce texte, cliquez ici.

Il identifie la structure la plus compliquée réalisée dans le monde, certes dix fois plus compliquée que celle du Stade où son petit frère « le Parc des Princes » à Paris avait déjà réglé les problèmes techniques inhérents aux consoles et aux anneaux techniques. Il ne s’agissait que de copier. Pour le Vélodrome, il fallait tout inventer à mesure de l’avancement des travaux.

La conception du Toit

Arcs – Doubles « Y » - Fuseau – Mini-coupoles
Arcs – Doubles «Y» - Fuseau – Mini-coupoles
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Il fallait éviter les colonnes gênant la visibilité et l’utilisation d’une voûte mince en béton, familière à l’architecte, était inapplicable sur une telle surface de 564 pieds de long (172m). M. Taillibert conçu un ensemble extraordinairement complexe fait d’arcs surbaissés limitant les trois fuseaux, réunis entre eux par une résille constituée de doubles « Y » servant de structure à des mini-coupoles translucides. Les efforts constatés par le calcul dans certaines parties de la résille ont obligé l’Architecte à clore ces parties par des voûtes minces précontraintes. C’était, à notre connaissance, la première fois qu’un Vélodrome couvert était ainsi conçu en fonction des impératifs actuels de la télévision.

La technique française de construction

Les contraintes réfugiées et tapies dans la matière avant même la mise en œuvre de la solution du Toit du Vélodrome trouvèrent leur dénouement dans l'application très subtile de la précontrainte et de la post-contrainte dont l’Ingénieur Eugène Freyssinet a créé la géniale théorie, cette nouvelle ère de l'architecture du béton armé dont M. Taillibert en est l'un des maîtres, avec son collaborateur l’Ingénieur polytechnicien Louis Billotey.

L’équipe des maudits français

Je m’excuse d’utiliser fréquemment ces termes. L’erreur commise par nous, Québécois, fut de ne pas reconnaître notre non connaissance approfondie de cette technique. L’équipe Taillibert se composait d’Architectes, d’Ingénieurs et de firmes d’Ingénieurs qui calculaient les structures dès leur conception. M. Taillibert assigna sur ce projet l’Ingénieur Louis Billotey, un élève d’Eugène Freyssinet et le bureau d’Ingénieurs Europe-Études. Tous les projets avant-gardistes de M. Taillibert furent réalisés à des coûts très économiques.

En chassant de son projet M. Taillibert en avril 1974, Québec foutait dehors toute cette équipe, la seule capable de terminer comme prévu ce Complexe. Dès mai 1974, nous demandions en catastrophe à cette Équipe d’Europe Études, additionnée de la firme d’ingénierie française de l’architecte S.E.E.E. de revenir et de refaire les calculs, les plans et les devis du Stade, du Mât et des coques des piscines, sinon il n’y aurait pas eu de Jeux. Pour voir ce texte, cliquez ici

La phase – Calculs, plans, devis et méthode de construction

Nous devons dire MERCI à ceux qui ont demandé aux maudits français, ingénieurs et directeurs de chantier de les aider à construire ce chef d’oeuvre « Le Vélodrome ».

Je dis Bravo à notre firme d’Ingénieurs « Trudeau, Gascon, Lalancette » qui n’hésita à faire appel aux spécialistes de cette technique, aux Ingénieurs français du bureau Europe Études et à l’équipe Taillibert pour exécuter les calculs, les plans, les devis et la méthode de construction du Toit.

Je dis bravo à l’entreprise Duranceau qui engagea de grands experts de ce type de chantier – Gérard Ruot – Roger Robert – Jean-Louis Puysségur – Jean-Pierre Flahaut. Par la suite, ces experts occupèrent une position stratégique dans la construction du Stade et des coques (toit) des Piscines, et dans les opérations dites délicates sinon impossibles. Toutefois au Stade sous le contrôle des gens de Québec, les travailleurs tardaient à faire l’unanimité sur le fait d’être dirigés par un français. Un texte traite d’un de ces français qui est venu à un cheveu et contre son gré d’être mis à bord d’un avion pour qu’il retourne en France.

L’opération « Décintrement »

Un autre exploit unique au monde ! À cause de la méthode de construction où chaque voussoir des arcs repose sur une tour d’échafaudage qui lui est propre, il fallait construire le Toit en totalité et procéder à l’opération « décintrement ».

L’opération consistait à soulever le Toit de quelques pouces pour enlever les échafaudages et terminer dessous la partie traditionnelle du bâtiment. Cet exploit de lever cette dentelle de béton reposant sur quatre points d’appui seulement et pesant 41 200 tonnes, 125 Boeing 747, fut réalisé dimanche, le 16 février 1975. Pour voir ce texte, cliquez ici.

Groupe de vérins d’une butée pour soulever le Toit
Groupe de vérins d’une butée
pour soulever le Toit
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L’installation la moins coûteuse

Nous avons appris de ces vrais spécialistes français que M. Taillibert nous a recommandés. Ce fut notre « Université de la technique » sous le contrôle de l’équipe que M. Drapeau avait mis en place (de mars 1973 à avril 1974). Toutes les complexités trouvèrent leur solution rapidement.

Malgré cette complexité et huit mois de grève et d’arrêts de travail sur quatorze, du début jusqu’à la Commission parlementaire à Québec en janvier 1975, le Vélodrome fut l’installation la moins coûteuse du Parc Olympique, concluant à un coût de 3,0 fois les prévisions, alors que la construction des stationnements, une structure très traditionnelle, coûta 12 fois les prévisions sous le contrôle des arrivants de Québec ! Le véritable coût du Vélodrome diffère de celui rapporté par la RIO.

Québec nous avait à l’œil

Les délais trop courts pour construire une telle Toiture obligea Montréal à tenir ses championnats sur le site de l’Université de Montréal. La piste et les gradins furent montés en quelques semaines et les Jeux furent un grand succès.

Même si Montréal avait tenu ses championnats, c’était une mauvaise note à notre dossier. Quant à moi, Montréal n’aurait pas dû postuler pour ces Championnats du monde puisque le Vélodrome s’implantait dans un chantier en construction.

Les connaisseurs arrivent et … la brebis galeuse.- À la fin de 1973, je demandais à mon directeur un responsable pour suivre le cheminement des études et travaux, sans succès. Québec, qui nous surveillait continuellement, profita de cette période sombre pour mettre ses pieds dans le dossier et imposa à M. Drapeau, en avril 1974, un mandataire-coordonnateur et un gérant des travaux.

Dès leur arrivée, leur première action fut de baptiser le Vélodrome « de brebis galeuse » et de pousser l’affront jusqu’à construire une clôture à l’intérieur du Parc Olympique pour l’isoler de peur que tout le site soit contaminé par elle ! Une attitude « à bon marché » pour ridiculiser l’équipe technique de la Ville.

Attention à l’humidité

Nous côtoyons le Vélodrome, maintenant le Biodôme, sans le remarquer tellement il fait partie des meubles selon une expression bien québécoise. L’humidité dégagée par les divers climats de ce bâtiment attaquera-t-elle les aciers des éléments de béton constituant son toit !?!? Une dentelle de béton, c’est plus fragile qu’une masse.

Ce chapitre vous décrira ce bâtiment -- ses difficultés de réalisation -- son coût -- son coût gonflé ! -- sa construction -- ses troubles ouvriers -- la Commission parlementaire de 1975 -- l’erreur de Montréal de tenir les championnats mondiaux du cyclisme de 1974 et la piste cycliste « montée en deux semaines » -- les conséquences d’avoir obtenu de la F.I.C. (Fédération Internationale de Cyclisme) en janvier 1973 la permission de couvrir en totalité le Vélodrome et d’avoir une piste de 285 mètres.

Pourquoi « une première mondiale ? Qu’il y a-t-il de si différent et de si difficile ? Est-ce que cette « Université de la technique » a servi à quelque chose ?

Montréal et son équipe a su faire et a répondu « prête » pour le Stade, mais … vous verrez la suite.

Pour conclure

Autant le Stade et son Mât symbolise Montréal sur le plan international, autant le Toit du Vélodrome est un témoignage vivant d’un exploit hautement technique et de l’excellente coopération « Français et Québécois » pour sa réalisation. Un travail d’équipe fait en collaboration où les Québécois ont admis leurs limites et ont appris des Français.

Le Parc Olympique ne serait pas dans cette impasse et n’aurait pas coûté autant si nous avions suivi l’exemple du Vélodrome. À répéter maintes fois « c’était l’exemple à suivre ». Ce ne fut pas fait et nous en paierons longtemps le prix, car le Stade inutilisé sera toujours là pour nous rappeler.

Claude Phaneuf, B.A., B.Sc.A.
Un des trois pionniers concepteurs du Parc Olympique et du Stade.
Membre de l'OIQ de 1962 à octobre 2006.
Mai 2010. Révisé Octobre 2010.




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